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Dans l’optique de rester dans la tendance actuelle, je vous parle aujourd’hui de… football! À votre grand désespoir (je le vois dans vos yeux), je ne me prononcerai pas sur les résultats des derniers matchs du Mondial 2018. Je laisse cela à la RTS. Cette fois-ci, je souhaiterai me pencher sur l’étroite relation qu’entretiennent les clubs de football avec les réseaux sociaux.

Les clubs de football sont sans aucun doute d’habiles utilisateurs des réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Instagram et YouTube ont un nombre ahurissant d’adeptes de ce sport. Le Real Madrid compte plus de 109 millions de fans sur Facebook. Manchester United compte 18 millions de followers sur son compte Twitter. Le tableau ci-dessous datant du mois de janvier 2018 vous montre l’ampleur du phénomène. Bien entendu, ces chiffres sont en croissance perpétuelle.

Les joueurs sont évidement aussi très présents sur les réseaux sociaux. Par exemple, Cristiano Ronaldo, compte plus de 122 millions de fans sur Facebook, soit plus du double des populations combinées de l’Espagne et du Portugal.
 
Les effets négatifs des réseaux sociaux sur le football
 
La portée et l’impact des réseaux sociaux au travers du football est bien prouvé. Cela s’accompagne parfois d’effets négatifs. Ceux-ci sont évidement documentés par une presse avide de scandales. On pense ici à d’éminents joueurs ayant des ennuis à cause de débordements sur les réseaux sociaux, d’acte de misogynie ou de racisme, de dopage, de dépression, etc.. Ils sont aussi parfois victimes de la diffusion de fausses nouvelles (« fake news »).
 
L’autre risque étant l’intervention des gouvernements qui pourrait entraîner des changements majeurs dans l’utilisation des réseaux sociaux ou le blocage de sites dans certains pays. À titre d’exemple, le gouvernement iranien a récemment bloqué l’accès à différents réseaux sociaux. Cela peut être pour des raisons politiques, de sécurité, de sécurité ou …?
 
Les plateformes de réseaux sociaux subissent fréquemment des attaques de pirates (hackers) et des temps d’immobilisation dus à des problèmes de sécurité. De tels incidents peuvent potentiellement faire disparaître les sites de réseaux sociaux du jour au lendemain.
 
Soudainement, les millions de fans accumulés au fil des années d’efforts pourraient ne plus être et le contenu et l’engagement pourraient être perdus. Jusqu’à présent, les chiffres montrent que les adeptes des réseaux sociaux et l’engagement continuent à augmenter pour les clubs de football, bien que l’on puisse voir une certaine stagnation de l’utilisation de Facebook.
 
Sans parler de certains réseaux sociaux souhaitant faire payer des frais de contribution aux clubs de football les faisant ainsi hésiter à avoir une présence sur lesdits médias.
 
Le coup de sifflet final est-il proche de l’histoire d’amour entre le football et les réseaux sociaux?
 
Jusqu’à présent, les chiffres montrent que la part de fans ainsi que leur engagement continuent généralement d’augmenter pour les clubs de football. Les statistiques ci-dessous montrent l’augmentation ou la diminution de l’engagement des réseaux sociaux dans la Premier League. Ce dernier reste globalement positif.
Comme le note si bien un expert de chez KPMG,
« Nous avons remarqué que les adeptes des meilleurs clubs sur Facebook stagnent ou diminuent, alors que la popularité d’Instagram est en hausse. Les médias sociaux dans le football ne sont certainement pas en déclin, mais plutôt le déplacement de Facebook vers d’autres plateformes ».
 
Les clubs de football ne vont donc pas disparaître des réseaux sociaux mais plutôt se diriger sur d’autres plateformes plus « commercialement » intéressantes.
 
Clubs de football, réseaux sociaux et sponsoring
 
Les clubs signent des contrats de sponsoring de plus en plus colossaux. La signature du contrat liant Paul Pogba à Manchester United en 2016 a par exemple réécrit les règles du marketing sportif en préparant une campagne de médias sociaux et vidéo visant à maximiser l’impact et les revenus commerciaux de la transaction, en étroite collaboration avec le sponsor principal (Adidas).
 
En dehors du football et sur des budgets plus modestes, des entreprises comme les supermarchés islandais ont pu profiter de la popularité du plus grand sport au monde grâce à Twitter notement, à la célébrité et à une certaine créativité lors de l’Euro 2016.
 
Le football (clubs et joueurs compris) reste tout de même tributaire des sponsors qui leur dictent souvent le comportement à adopter en matière de communication et de marketing comme démontré plus haut. Le ROI, le nerf de la guerre?
 
Au-delà des réseaux sociaux
 
Les clubs pensent également au-delà des réseaux sociaux. Ils réfléchissent aux innovations numériques de demain qui engageront la prochaine génération de fans. Cela inclut les applications pour smartphones, l’Internet des objets ou encore la réalité virtuelle et augmentée.
 
Parallèlement, les plateformes de réseaux sociaux continuent également d’évoluer. Facebook a acquis Oculus Rift en 2014 et expérimente la réalité virtuelle à travers des initiatives telles que Facebook Spaces.
 
Les clubs de football et les plateformes de réseaux sociaux continueront à explorer d’autres biais pour mobiliser les plus jeunes d’entre nous ainsi qu’un public plus large moins sensible à ce sport. Les personnes insensibles au football se verront elles aussi emportées à leur insu par cet engouement mondial pour le ballon rond.
 
Sur ce, je m’en vais de ce pas enfiler mon maillot de l’équipe de football suédoise et chauffer ma voix dans l’optique d’investir triomphalement la fan zone la plus proche de chez moi pour assister à un match d’anthologie: l’affrontement Suisse-Suède. Vous aurez compris de quelle nationalité je suis 🙂 Vous me rejoignez?